Comparatif

Logivolt : recharge en copropriété (Caisse des Dépôts)

Logivolt en copropriété : modèle tiers institutionnel financé par la Caisse des Dépôts, convention 25 ans. Forces, points d'attention et profils adaptés.

En résumé

Logivolt Territoires est une société financée par la Caisse des Dépôts dont la mission est de porter l’infrastructure de recharge en copropriété. Son positionnement détonne sur le marché : ce n’est pas un installateur grand public, mais un opérateur tiers institutionnel qui finance le réseau collectif et coopère avec des opérateurs partenaires (Zeplug, Driveco, etc.) pour la pose et l’exploitation des bornes.

Quelques repères ressortent des données publiques vérifiées. Le financement de l’infrastructure est pris en charge à 100 %, si bien que la copropriété n’investit pas dans la colonne montante collective. L’adossement à la Caisse des Dépôts apporte une sécurité financière sur le long terme, dans le cadre d’une convention de 25 ans. La cible est claire : grandes copropriétés et patrimoines bailleurs, indicativement de 50 à 1 000 lots. En contrepartie de ce modèle tiers, la copropriété ne capte pas l’aide Advenir.

Logivolt s’adresse donc à un profil précis. Ce guide en détaille le fonctionnement, les conditions, les forces et les limites, pour vous aider à le situer face aux autres options.

Présentation et modèle économique

Logivolt n’est pas un opérateur comme les autres. Là où la plupart des acteurs du marché vendent (modèle achat) ou financent-et-exploitent eux-mêmes (modèle tiers classique), Logivolt se concentre sur le seul financement de l’infrastructure. C’est une société financée par la Caisse des Dépôts pour porter l’infrastructure de recharge en copropriété, qui coopère avec des opérateurs partenaires (Zeplug, Driveco, etc.) pour la partie technique et l’exploitation.

Concrètement, le projet associe deux briques. Logivolt porte d’abord le financement de l’infrastructure collective : colonne montante dédiée, réseau électrique, équipements communs. La pose et l’exploitation des bornes reviennent ensuite à un opérateur partenaire, qu’il faut choisir.

Ce montage relève de la logique « modèle tiers institutionnel » : la copropriété ne décaisse pas pour l’infrastructure, qui reste portée par un tiers adossé à un acteur public de référence. C’est ce qui distingue Logivolt d’un simple installateur et le rapproche d’un véhicule de financement de long terme dédié à l’électrification des copropriétés.

Pour comprendre comment ce modèle se compare aux deux grandes familles du marché, solution collective achetée par la copro ou opérateur tiers, notre guide solution collective vs opérateur tiers pose le cadre de décision.

Tarifs et conditions

Sur le plan financier, l’élément structurant est clair : avec Logivolt, le financement de l’infrastructure est pris en charge à 100 %. La copropriété ne supporte ni l’investissement de la colonne montante ni celui du réseau collectif. C’est le cœur de la proposition du modèle tiers institutionnel.

CritèreDonnée publique vérifiée
ModèleTiers (institutionnel)
Financement infrastructurePris en charge à 100 %
CouvertureNationale
Durée de convention25 ans
Cible (taille de copropriété)~50 à 1 000 lots
Éligibilité AdvenirNon
AdossementCaisse des Dépôts

La durée de convention de 25 ans est un paramètre important. Elle traduit la nature long terme du financement, mais engage la copropriété sur ses parties communes pour une période significative. Mieux vaut en apprécier la portée collectivement, en amont du vote.

Le détail des modalités utilisateur, mise à disposition des bornes, facturation de la consommation, conditions de sortie, dépend en grande partie de l’opérateur partenaire retenu et de la convention signée. Ces éléments doivent être obtenus directement auprès de Logivolt et de l’opérateur associé, devis et projet de convention à l’appui.

Pour chiffrer le reste à charge réel selon le scénario envisagé et le comparer à un modèle achat avec Advenir, utilisez notre calculateur de reste à charge, qui projette les coûts sur 10 ans.

Forces

Les atouts de Logivolt, tels qu’ils ressortent des données publiques, tiennent à son ancrage institutionnel et à sa spécialisation.

Le premier est le financement de l’infrastructure, pris en charge à 100 %. La copropriété évite l’investissement initial sur le réseau collectif, un levier décisif quand la trésorerie ou l’appétence au risque sont limitées. Vient ensuite l’adossement à la Caisse des Dépôts : la sécurité financière de long terme d’un acteur public de référence rassure les conseils syndicaux soucieux de voir leur prestataire tenir sur une convention longue.

La spécialisation compte aussi. Logivolt est calibré pour les grandes copropriétés et les patrimoines de bailleurs, ces ensembles immobiliers d’envergure où la complexité technique et le nombre de points de charge sont les plus élevés. Enfin, la durée de convention de 25 ans peut jouer en faveur de projets d’infrastructure lourds, dont l’amortissement s’apprécie sur la durée.

Cet ensemble dessine un positionnement cohérent : un partenaire de financement pour les grands projets, plutôt qu’un installateur de proximité pour petites copropriétés.

Points d’attention

Plusieurs éléments appellent à l’inverse une vigilance particulière. Ils ne disqualifient pas Logivolt, mais conditionnent sa pertinence selon votre situation.

L’éligibilité est filtrée : l’accès passe par un dossier de candidature à constituer, et toutes les copropriétés ne sont pas automatiquement retenues. Il faut donc instruire le dossier en amont. Le projet est par ailleurs opéré conjointement : il impose de choisir un opérateur (Zeplug, Driveco, etc.) qui assurera la pose et l’exploitation, de sorte que la qualité de service finale dépendra autant de ce partenaire que de Logivolt. Cette structuration du dossier allonge mécaniquement les délais par rapport à un installateur en modèle achat direct ; mieux vaut l’anticiper dans la planification du projet et le calendrier du vote en AG.

Enfin, comme pour tout modèle tiers, la copropriété ne capte pas l’aide Advenir puisqu’elle ne porte pas l’investissement. Le point est neutre en soi, il découle de la logique du modèle, mais il doit être intégré à la comparaison économique : un modèle achat éligible Advenir (50 % du coût HT, plafonné à 12 500 € par immeuble et 1 660 € par point de charge) répond à une logique financière différente.

Pour quelle copropriété ?

Logivolt n’a pas vocation à couvrir tous les profils. À la lecture de son positionnement, il convient surtout aux grandes copropriétés (indicativement 50 à 1 000 lots) et aux patrimoines de bailleurs, pour lesquels l’infrastructure collective représente un investissement lourd que le modèle tiers permet d’externaliser. Il parle aussi aux copropriétés qui ne veulent pas, ou ne peuvent pas, investir dans l’infrastructure et préfèrent un financement porté par un tiers institutionnel. Les conseils syndicaux qui valorisent la sécurité d’un adossement public, sur une convention de 25 ans, y trouveront le même argument.

À l’inverse, une petite copropriété soucieuse de capter l’aide Advenir et de maîtriser son infrastructure trouvera souvent plus d’intérêt dans un modèle achat. Une copropriété pressée, en quête d’un interlocuteur unique, pourra de même préférer un opérateur tiers généraliste ou un installateur en achat direct.

Le choix de l’opérateur partenaire reste par ailleurs déterminant : il faut l’intégrer à la réflexion dès le départ, car c’est lui qui assurera l’exploitation au quotidien.

Comparer Logivolt aux autres options

Le marché des bornes en copropriété compte plusieurs familles d’acteurs : opérateurs tiers, modèles achat éligibles Advenir, modèles mixtes. Logivolt occupe une niche, le financement institutionnel des grands projets, qui ne se substitue pas aux autres options mais les complète.

Avant de trancher, confrontez votre profil (taille, budget, appétence Advenir, horizon d’engagement) à l’ensemble du marché. Notre comparateur d’opérateurs propose une sélection contextualisée selon votre copropriété. Notre guide comparatif des opérateurs tiers IRVE 2026 détaille les acteurs du modèle tiers et leurs différences. Et notre analyse solution collective vs opérateur tiers éclaire l’arbitrage de fond entre investir et externaliser.

Côté financement et répartition, le guide financement et répartition des charges IRVE en copropriété explique comment ventiler les coûts entre la copropriété et les utilisateurs selon le modèle retenu.

Voter le projet en AG

Quel que soit l’opérateur retenu, l’installation de bornes passe par un vote en assemblée générale. Le modèle tiers, où la copropriété n’engage aucune dépense d’infrastructure, relève en principe de l’article 24 (majorité simple) de la loi du 10 juillet 1965. Si la copropriété finance tout ou partie du projet, le vote bascule sur l’article 25 (majorité absolue), avec la passerelle de rattrapage de l’article 25-1 (second tour à la majorité simple) lorsque le tiers des voix est atteint sans la majorité absolue.

Le scénario exact dépend du montage retenu avec Logivolt et son opérateur partenaire. Il est donc essentiel de le valider avec le syndic avant de rédiger la convocation, sous peine de voter à la mauvaise majorité. Notre guide voter une borne de recharge en AG détaille la procédure complète, le calendrier et les erreurs à éviter.

Pour aller plus loin

Sources

Questions fréquentes

Combien coûte Logivolt pour une copropriété ?
Dans le modèle Logivolt, le financement de l'infrastructure de recharge est pris en charge à 100 %. La copropriété n'investit pas dans la colonne montante ni le réseau collectif : c'est le principe du modèle tiers institutionnel porté par la Caisse des Dépôts. Chaque utilisateur prend ensuite en charge sa borne individuelle et sa consommation, selon les modalités de la convention et de l'opérateur partenaire choisi.
Logivolt est-il éligible à l'aide Advenir 2026 ?
Non. Comme pour les modèles tiers, la copropriété ne capte pas l'aide Advenir puisqu'elle ne porte pas l'investissement de l'infrastructure. L'aide Advenir 2026 (50 % du coût HT, plafonnée à 12 500 € par immeuble et 1 660 € par point de charge) bénéficie en priorité aux copropriétés qui achètent et possèdent leur infrastructure.
Quelle majorité d'AG pour retenir Logivolt ?
Le modèle tiers, où la copropriété n'engage aucune dépense d'infrastructure, relève en général de l'article 24 (majorité simple) de la loi du 10 juillet 1965. Si la copropriété finance elle-même tout ou partie du projet, on bascule sur l'article 25 (majorité absolue) avec passerelle 25-1. Vérifiez toujours le scénario exact avec votre syndic avant la convocation.
Logivolt convient-il aux petites copropriétés ?
Logivolt se positionne d'abord sur les grandes copropriétés et les patrimoines de bailleurs, avec une cible indicative de 50 à 1 000 lots. Pour une petite copropriété, d'autres modèles (achat avec Advenir, ou opérateur tiers généraliste) sont souvent plus adaptés. Le comparateur permet de confronter votre profil aux différents opérateurs.